La défense passive chez le cheval, c’est quoi ? Partie I


Avant de rentrer en détail dans ce qu’est la défense passive, comment on la reconnaît et comment on la traite, je pense qu’il est important de redéfinir les bases, c’est à dire : les besoins fondamentaux du cheval, et son comportement à l’état naturel. Ces rappels peuvent peut être sembler évident pour la plupart d’entre vous, et pourtant, ces principes sont parfois oubliés et l’impact négatif que cela peut avoir sur le cheval est bien trop souvent minimisé.


Pour cette première partie, je me suis basé sur le livre de Margit H. Zeitler-Feitch, Manuel du comportement du cheval, qui est un ouvrage très complet et qui explique en détails tous les comportements observés chez le cheval de manière claire, précise et surtout qui se base sur des recherches scientifiques.

Le comportement fondamental du cheval est le résultat d’un processus d’adaptation inscrit dans ses gènes, qui s’est déroulé sur plusieurs millions d’années. On peut résumer ce comportement comme suit: le cheval est un animal de plaine, de fuite, et grégaire.
Les chevaux se nourrissent d’herbe, et comme cette alimentation et peu énergétique et riche en fibres, ils doivent donc passer beaucoup de temps à manger pour assouvir leurs besoins quotidiens. Le cheval consacre en moyenne une quinzaine d’heure par jour à se nourrir, non pas car il est gourmand, mais car c’est un COMPORTEMENT INNÉ. Leur comportement locomoteur est étroitement lié à leur comportement alimentaire, le pâturage nécessite un déplacement continuel du cheval vers l’avant. La constitution, la physiologie et le comportement du cheval sont donc adaptés depuis plusieurs millions d’années à ce déplacement perpétuel. De plus, les plaines ont une caractéristique en commun : l’amplitude thermique y est importante. Par conséquent les chevaux sont adaptés à résister aux conditions climatiques extrêmes, et savent parfaitement réguler la température de leur corps.
Le cheval étant une proie, vivre en troupeau est son meilleur moyen de survie. Un cheval vivant seul est obligé d’être tout le temps sur ses gardes car étant vulnérable aux prédateurs. Ce besoin de contact social et de vie en communauté est aussi INNÉ. De plus, pendant des millions d’années la fuite a constituée la meilleure défense du cheval contre ses prédateurs. Toute l’anatomie du cheval est conçue pour lui permettre de prendre rapidement la fuite. La réaction de fuite est provoquée par  » un mécanisme inné de déclenchement  », et est profondément inscrit dans leurs gènes.
Alors bien que le cheval soit domestiqué depuis environ 5 000 ans, son comportement et ses besoins qui se sont forgés tout au long de son évolution, n’ont pratiquement pas changé.

Je vous interpelle donc sur la question suivante :
En sachant tout cela, comment cela se fait-il que les modèles classiques d’écurie ( type box, rationnement de foin, et sortie en pacage unique ) soit encore d’actualités et très répandues ?


Mettre un cheval au box de manière permanente ne respecte AUCUN de ses besoins fondamentaux. Même si le cheval a des sorties quotidiennes au pré ou à la monte d’une ou deux heures par jours, nous sommes loin du minimum de 15h de déplacement perpétuel du cheval. Rationner le cheval ne respecte pas non plus son comportement inné de manger plusieurs par jours. Dans un box le cheval n’a pas possibilité d’avoir de réel contact avec ses congénères, son instinct grégaire n’est donc pas non plus respecté.
Toutes ces bases sont fondamentales pour le bien être du cheval. Le non-respect de celles-ci, entraîne un stress permanent chez le cheval, et à la longue, cela amène a des troubles du comportement, qui peuvent parfois être sévères, et nuire sérieusement à la relation cheval-humain tout autant qu’au bien-être mental et physique du cheval.
Ce modèle d’écurie que nous voyons malheureusement beaucoup trop est faite pour amener du confort à l’humain et non au cheval. Sauf cas d’urgence, comme un cheval blessé qui nécessite une immobilité, ou maladie particulière, les chevaux sont tous capables de vivre en extérieur en troupeau, tant qu’ils ont accès en tous temps à des abris, de la nourriture et de l’eau propre.

Pour apprendre a reconnaître les signaux de mal-être chez le cheval, et quelles sont les solutions qui s’offrent à nous pour aider un cheval qui fait de la défense passive, rendez vous sur l’article suivant : La défense passive chez le cheval (Partie II).


✅ Pour en savoir plus sur les besoins fondamentaux du cheval et son comportement, je vous invite à aller lire le livre de Margit H.Zeitler-Feitch – Manuel du Comportement du Cheval. ( Disponible sur la plupart des librairies en ligne, ainsi que sur Amazon. )


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