La défense passive chez le cheval c’est quoi ? Partie III


Qu’est ce qui peut déclencher chez le cheval un état de défense passive et est-il possible d’aider un cheval a sortir de cet état ?

Dans cette dernière partie, nous allons voir les différentes conditions qui vont amener un cheval a se déconnecter de son environnement et a se renfermer sur lui même. Je vous invite fortement a prendre connaissance des deux premières parties pour avoir une compréhension maximale de cette notion.

J’évoquais dans le premier article que les chevaux ont certains besoins fondamentaux auxquels on ne peut palier, sous peine de déclencher des troubles du comportement, plus ou moins sévères. Il faut savoir que lorsqu’un cheval est privé d’un ou plusieurs de ces besoins fondamentaux, que ce soit de manière partielle, ou voir pire, de manière totale, cela engendre un état de stress permanent. Ce stress va s’accumuler, et se combine avec le stress que peut amener par exemple l’entrainement, ou tout autre manipulation ( maréchal, vétérinaire, compétition .. etc ), et le cheval finira par atteindre sa limite psychologique, et ne sera plus capable de gérer du stress supplémentaire.

Chaque cheval va réagir différemment à ce trop plein de stress. Certains chevaux vont être hyperactif aux moindres stimulis externes, souvent ces chevaux là sont catégorisés  » sur le high  » , ou  » qui a peur de son ombre  », et on pense à tort que c’est son caractère et qu’il ne changera pas, alors que même un cheval plus sensible, une fois le stress évacué pourra redevenir calme, et être confronté à diverses situations en gérant son stress.
Pour d’autres chevaux, l’accumulation du stress peut finir par déclencher une stéréotypie ( par exemple tic de l’ours, ou encore tic a l’appui ) un comportement indépendant de sa volonté, répétitif et récurrent, qui est son seul moyen de ventiler et de s’apaiser un peu. Un cheval qui souffre d’un tic peut être aider psychologiquement, et après plusieurs séances de travail, il y a forte diminution voir disparition de la stéréotypie.


Et enfin lorsque certains chevaux sont privés de leurs besoins fondamentaux, et sont en plus limités et réprimés dans leurs expressions, ils arrivent qu’ils finissent par se résigner, de manière partielle ( face a une situation en particulier ), ou dans les cas plus extrêmes, de manière permanente. On pense souvent que pour qu’un cheval tombe en défense passive, il faut avoir abusé de méthodes violentes, et de maltraitance physique récurrentes. Hors, parfois sans exercer aucune violence physique, nous pouvons déclencher cet état chez le cheval. Le simple fait de le privé d’un de ces besoins fondamentaux par exemple, est suffisant. Laisser un cheval au box 24h/24, sans sortie en extérieur, sans contact direct avec des congénères, peut déjà amener après plusieurs jours des troubles du comportement diverses.Au bout de plusieurs semaines, le cheval après avoir essayer de se soustraire à cette condition stressante de différentes manières, n’ayant pas réussi, peut finir par se résigner, sa seule solution étant la fuite mentale. C’est pourquoi il est important, avant toute chose, de s’assurer que le cheval vive dans un environnement sain, ou ses besoins fondamentaux sont respectés. C’est la base pour développer une relation de confiance avec le cheval. Cela évitera de créer un stress inutile chez lui, qu’il dépasse ses limites psychologique et se renferme sur lui même.

Mais même lorsque les bonnes conditions de vies sont présentes, il se peut parfois que d’autres facteurs puissent créer un stress important et un état de défense passive.
Une situation exceptionnelle, tel qu’un accident, une blessure ou un stress intense peuvent créer un traumatisme chez le cheval, au même titre que chez les humains par exemple. Remis dans une situation qui lui rappelle ce traumatisme, avec peu ou pas de possibilité de s’y soustraire, il pourrait très facilement se renfermer sur lui même. Dans des cas de traumatismes extrêmes, il est important de faire appel a quelqu’un qui pourrait venir aider le cheval avec un travail psychologique précis.


Aussi, il est important de ne pas négliger l’impact du débourrage et de l’entrainement sur le mental du cheval. Trop souvent, nous appliquons des méthodes qui ne conviennent pas nécessairement à tous les chevaux, et nous ne prenons pas le temps de développer des bases saines et solides. Chaque cheval à sa propre capacité d’apprentissage, qui varie selon son caractère et son environnement de vie. Il est important de s’y adapter, d’écouter ce qu’il nous communique, que ce soit une inquiétude, un inconfort, une douleur, et de s’arrêter avant que le stress n’augmente trop. Il ne faut pas oublier qu’un cheval stressé, que ce soit avant, pendant ou après une manipulation, progressa beaucoup moins vite, et ses performances et capacités d’assimilation en seront très réduites. De plus, si nous laissons le stress s’accumuler lors d’un exercice quelconque et que nous poussons le cheval a continuer cet exercice malgré les signes d’inconfort qu’il nous communique, celui ci pourrait finir, après avoir essayer diverses défenses, par se renfermer sur lui même si aucune ne lui a permise de se soustraire au stimuli inconfortable. Comme mentionnez dans mes précédents articles, ce n’est pas parce que le cheval ne bouge pas qu’il a forcément accepté le stimuli et qu’il est en détente ! Continuer l’entrainement lorsque le cheval est dans cet état mental peut s’avérer dangereux, car il pourrait  » exploser  » à n’importe quel moment.


En bref, toutes les méthodes d’entraînements peuvent présenter un risque de créer un état de défense passive chez le cheval. La prévention est le meilleur moyen pour éviter que votre cheval se rende jusqu’à cet état. Il est important d’être conscient qu’il n’y a pas une seule méthode efficace qui fonctionne avec tous les chevaux. Il faut savoir s’adapter en fonction de ce que le cheval vous dit et de sa capacité à gérer le stress.

Pour conclure, il est important de toujours se remémorer qu’elle est la nature véritable du cheval, c’est à dire une proie. Même s’il est difficile parfois pour nous en tant que prédateur de comprendre une réaction de peur de notre cheval, il faut se rappeler que même domestiqué, le cheval gardera toujours son instinct de proie, qui se traduit par la fuite en première option.
Alors prenez toujours le temps d’observer dans quel état mental se trouve votre cheval dans les différentes situations et environnements que vous lui présentez. S’il présente un état de défense passive, il est important de le sortir de cet état avant de continuer les manipulations, car le danger principal est que lorsqu’il sortira de cet état ( cela peut arriver à n’importe quel moment sans préavis ), il tombera automatiquement en défense active, comme par exemple en fuite, en attaque, en ruade … etc.


✅ Évacuer les tensions du cheval est la meilleure solution pour le ramener vers un état de détente. En comportement équin, nous pouvons facilement aider un cheval qui tombe dans un état de résignation acquise, dépendamment du degré d’intensité cela peut prendre une à plusieurs séances de travail.

✅Comme la prévention reste la méthode la plus efficace, il est très important d’informer, d’éduquer et de sensibiliser, dès le plus jeune âge, toutes les personnes qui manipulent un cheval, que ce soit au sol ou monté sur cet état psychologique qui peut arriver chez le cheval. En sachant reconnaître cet état, cela peut éviter bien des accidents, car un cheval qui tombe dans la fuite mentale n’est pas présent, n’a que très peu conscience de son environnement, et surtout n’est ni en communication ni en connexion avec l’humain.


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